#3 .Les chasseuses chassées…

Octobre 2016.
Une abbaye en Normandie.
Un cellier.
Et nous.

Il pleut, il fait gris, il fait pas envie mais il fait il faut y aller quand-même.
Notre équipe ce jour là est réduite. Il y a Vanessa, Laetitia, Pam et moi pour les enquêtrices. Et Lola, cadreuse, pour l’équipe technique. C’est peu, mais ce jour-là notre ingé son est malade. Et comme je le dis souvent, on est pros, on s’adapte.

Donc on y va.

Nous connaissons déjà l’Abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard (Radepont) pour y venir de temps en temps, en ballade, pour le plaisir. Le lieu est pour nous synonyme de bien-être. Nous ne nous doutons donc pas du tout de ce qui nous attend cette nuit-là.

Après notre arrivée sous la pluie, nous tournons de suite le briefing dans une des salles ouvertes du rez-de-chaussée, la salle capitulaire. Il faut faire un peu vite car nous avons peu d’heures de jour et beaucoup de travail.

Vanessa nous raconte l’histoire de l’Abbaye. Sa construction, les converses, le silence, la tragique échappée de Marie de Ferrière qui se réfugie au sein de l’Abbaye pour fuir son époux, Guillaume de Léon, et qui finira égorgée par ses hommes dans l’église abbatiale.
Nous ressentons à nouveau du chagrin, en pensant au destin de cette malheureuse. Décidément, notre route nous amène souvent sur les traces d’histoires et de destins sombres et tristes.
L’ambiance est souvent solennelle. Ce à quoi nous répondons bien-sûr avec le sérieux attendu.
La preuve:

Et c’est parti pour la visite du lieu DE L’ENFER.
De pièce en pièce, le plan de la nuit se dessine. Le dortoir, le jardin, l’église…et le cellier.

K
Le Cellier se trouve sous l’ancienne église dans laquelle vit le nouveau propriétaire. Il nous faut pour y entrer ouvrir une lourde porte de barreaux. Ambiance.
Devant nous un long couloir dont nous ne voyons pas le fond. De chaque côté, des alcôves, d’environ 1 mètre sur 1 mètre. Ces alcôves servaient de remise pour le vin commercialisé à l’Abbaye. Et c’est justement dans l’une de ces alcôves qu’a été observé une ombre noir en mouvement. C’est que nous explique Vanessa pendant que nous nous dirigeons lentement vers le fond de l’allée.
Jusqu’ici tout va bien.

Vanessa, tout en continuant à nous raconter son anecdote, regarde au fond du cellier et s’arrête une 1ère fois. Elle hésite, semble voir quelque chose qui la perturbe mais continue son avancée. Une seconde. Puis elle s’arrête à nouveau. Son regard est fixé droit devant, vers le noir total qui emplit le bout de l’allée. Elle ne dit rien, elle est paralysée. Et c’est à mon tour de voir une forme blanche, une main sans aucun doute, bouger dans le noir. Cette main n’est pas accompagnée d’un corps, elle flotte, 2 secondes, bouge et disparait. Je pousse un cri de surprise. Et d’un bloc, nous nous attrapons toutes les unes les autres et reculons, comme une seule femme.
Mon cœur a cessé de battre pendant quelques secondes, je ressens une vague de froid très intense nous englober toutes entières. Nous sommes paralysées au milieu du chemin.
Vanessa et moi expliquons tour à tour ce que nous venons de voir. Et il nous faut quelques minutes avant de prendre notre courage à deux mains et d’avancer doucement dans le noir, bien décidées à aller jusqu’au bout.

Et rien.
Il n’y a rien au fond du cellier.
Une paroi taillée dans la roche. Du froid et de l’humidité mais rien. Ni ombre noire, ni main blanche.
En bonnes enquêtrices, nous cherchons quelque chose qui aurait éventuellement pu nous leurrer, créer une illusion. Nous rebroussons chemin, ré avançons, essayons de reproduire nos gestes pour comprendre ce qu’il vient de se passer.
Et alors que nous sommes en plein travail et encore tremblantes, la lumière du cellier va s’éteindre en faisant un gros CLAC! Nous plongeant dans le noir le plus complet et horrible.
Comment avons nous fait pour ne pas partir en courant? Je ne sais pas.

Calmement toujours, nous remontons le cellier, les yeux fixés sur notre espoir, notre allié, le jour à l’entrée du tunnel.
Lorsque nous arrivons devant le panneau électrique, le choc. Le levier du courant électrique a été baissé. Manuellement. Ce qui a provoqué ce CLAC. Quelqu’un nous a donc plongé dans le noir.

Vanessa et moi n’en revenons pas, Pam est à deux doigts du malaise.

Il faut recommencer. Retourner, ré allumer, compter. Parce que ce n’est pas possible. Il doit y avoir une explication.
Il y a bien un minuteur et des détecteurs qui se chargent d’allumer et éteindre la lumière. Mais après nos vérifications, les faits suivants sont établis:

– Le minuteur n’a pas eu le temps de fonctionner lors de notre 1ère expédition dans le cellier. Le temps programmé est en effet plus long que celui que nous avons passé à discuter.

– Les capteurs auraient dû nous percevoir et donc rallumer de suite la lumière.

– Le levier a bien été baissé manuellement alors que nous nous trouvions au fond du couloir.

Qui a pu faire ça?
Nous sommes seules sur place.
Le propriétaire n’est pas là et l’Abbaye est isolée. Personne n’aurait pu entrer sur le terrain sans passer devant le cellier. Si quelqu’un était venu nous faire une mauvaise de blague, nous l’aurions vu obligatoirement.
Peu importe l’auteur des faits, l’effet est réussi (t’as capté la blague? « des faits », « l’effet », tout ça… hum…bref). Nous sommes terrorisées.
Mais pas question de reculer devant le travail et la peur.

Nous attendons que la nuit tombe.

L’enquête à proprement parler commence donc par notre retour dans le cellier. Pour s’en débarrasser, on va pas se mentir.
Nous devions y retourner en binômes mais décidons d’y aller toutes ensembles. Autant pour se rassurer que pour ne pas laisser 2 d’entre nous seules au QG.
Et à notre grande surprise, le cellier donnera peu de résultat. Quelques bruits un peu étranges et 1 pve. Mais pas d’attaque féroce de dragon fantôme maléfique, comme ce à quoi nous nous attendions en toute simplicité et rationalité.
Comme si ce qui nous avait un peu « maltraité » dans l’après midi n’était plus là, ou préparait un nouveau coup.

Nous continuons dans les jardins, qui ne donneront strictement aucun résultat, malgré la présence de la fameuse source qui guérit.

Direction les dortoirs. Au 1er étage. Lieu de repos des converses et abbesses et salle la mieux préservée de l’Abbaye. Je commence par lire à haute voix la liste de toutes les abbesses ayant été à la tête des converses. Puis nous essayons différentes séances de provoc.

Pas ou peu de résultat.

Nous tentons alors une séance collective, autour de la table, à l’aide d’un dictaphone.
Nous n’arrivons pas à organiser notre travail, nous entendons autour de nous, au dessus de nous (un étage supplémentaire existait il y a longtemps) et à l’extérieur de l’Abbaye, des bruits forts et vraiment déconcertants. Nous essayons de les analyser mais la tension monte à nouveau et nous nous sentons un peu « encerclées » tant ce que nous entendons est partout autour de nous.
En plus d’être tendue, je me sens à ce moment un peu agacée. J’ai l’impression qu’on nous empêche d’enquêter proprement, qu’on essaie de nous désorganiser en quelque sorte. Et je sais que nous avons peu de temps devant nous pour tenter de comprendre qui est là, et pourquoi.

Capture d_écran 2018-02-28 à 16.22.13Flippance bonjour!

La dernière chose qu’il nous reste à faire est de dire au revoir. Nous nous rendons pour cela dans l’église abbatiale. Là où Marie de Ferrière, tombe aux mains de ses assaillants après une ultime tentative de fuite et meurt. Pour rien. Pour un époux colérique et qui ne supporte pas l’idée qu’elle lui échappe.

Le moment est lourd, triste, étouffant. Sans nous concerter, au lieu de dire au revoir, comme nous le faisons d’habitude, nous présentons des excuses.

Excuses d’avoir troublé les lieux, d’avoir rompu le silence, d’avoir marché là où nous n’étions pas attendues. Sans savoir trop pourquoi, nous sommes désolées, dans tous les sens du terme. Laetitia fond en larmes. Vanessa a les larmes aux yeux. Même Pam, d’habitude peu réceptive à tout ça, se sent mal.

Capture d’écran 2018-02-28 à 17.41.23.png La gênance

Nous remballons nos affaires et partons dans le calme et l’introspection.

La leçon du jour est la suivante: certain silence ne doive pas être brisé.

Merci à vous de me lire, et à vite pour le carnet de route #4!

Vonette

#2 . Apparemment elle sont seules

Tout avait commencé par la perspective d’un charmant week-end à la campagne, au soleil, à enquêter sur les phénomènes vécus par une famille, dans une demeure pas si ancienne.

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Fun Fact: Certains d’entre nous portent même des shorts

Lætitia, Pam, Vanessa, Julien (cadre), Pauline (son) et moi sommes de bonne humeur. On fait des blagues, on se marre, on fait des jolis plans avec des jolies statues.

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la preuve

Dans cet ancien hôtel, difficile de ne pas profiter de l’instant présent sans penser non pas au lendemain, mais plutôt à la nuit que nous allons passer. Nous sommes vraiment, vraiment isolé.e.s, et tout est un peu plus lent.

Nous commençons par faire ce que l’on appelle les plans de coupe. Très bonne opportunité pour découvrir le lieu, se l’approprier, réfléchir au plan de travail du soir. A savoir, qui va où, quand et avec quel matériel.

Les phénomènes rapportés par les témoins sont nombreux et plutôt impressionnants. C’est excitant, mais ça colle aussi un peu la pression, ne nous le cachons pas. Revenir bredouille après avoir entendu parler de grognement, de bruits la nuit, d’apparitions même! C’est impensable. Il faut essayer de tout bien réfléchir, de tout bien quadriller.

L’avantage sur cette enquête c’est que nous dormons sur place. Comprenez par là que l’enquête ne s’arrête jamais, finalement.

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Fun Fact: dans quelques heures je vais me faire foncer dessus par une entité.

Pour l’instant il faut déjà qu’elle commence.

Il est aux alentours de 20h quand nous partons pour la 1ère étape de notre enquête: nous rendre dans la foret, à l’endroit même où l’ancienne propriétaire s’est pendu, et tenter un contact.

Malgré qu’il fasse encore jour, perdues au milieu des bois, la lumière naturelle ne nous parvient que peu et tout semble hyper sombre et intimidant.

Arrivées à l’endroit exacte, je dis aux filles « Est-ce que c’est cet arbre-ci ou est-ce que c’est cet arbre-là? Je n’en sais rien, mais c’est là qu’elle s’est pendu. » J’apprendrai plus d’un an plus tard que la 1ère chose que le propriétaire a fait en achetant le domaine, c’est de faire abattre l’arbre en question. Alors tu peux toujours chercher, Vonette!

Comme l’on peut s’en douter lors d’une enquête en extérieur, qui plus est en forêt, il est quasiment impossible de dissocier un son « naturel », d’un son « surnaturel ». Ce craquement de branche est-il dû à une entité ou un animal? Je ressens un courant d’air froid, est-ce la nuit qui tombe ou un fantôme qui me frôle?

Bon.

Très vite nous nous rendons compte que par souci d’honnêteté et d’objectivité (oui ok par souci que ça fait peur aussi et que y a des sangliers, d’accord), notre travail dans la foret ce soir va s’arrêter à dire bonjour, et à rendre hommage. Moi-même je ressens beaucoup de respect et un peu de tristesse quand je pense à cette femme, qui désespérée, au bout du bout, vient se pendre à un arbre. Loin de tout. Je me demande comment elle se sentait quand elle est venue ici. Je me demande si elle a réellement mis le feu à sa chambre. Ou si tout est un mensonge, un masque.

Souvent, dans nos enquêtes, nous nous retrouvons confrontées à des histoires tragiques. Et ça me (nous, je crois) touche à chaque fois. Les légendes n’en sont jamais totalement pour nous. Il n’y a pas de « Dame Blanche » mystérieuse ou « d’Ombre Noir » dans le grenier. Il n’y a rien de romanesque. Il y a des gens. Comme vous et moi. Qui ont sans doute vécu des choses fortes et dures, qu’ils/elles soient mort.e.s ou non, qu’ils/elles errent encore ici ou pas. Nous essayons toujours de nous intéresser aux gens et de traiter les gens comme tels. C’est peut-être d’ailleurs grâce à ça que nous avons pour l’instant des résultats à chaque fois (vous ne me voyez pas mais je touche du bois).

Et du coup, cette femme là, qui s’est pendu, j’y pense, et je lui parle, à voix haute comme on peut le voir dans l’épisode, mais dans ma tête aussi. Je lui dis que je suis désolée pour elle.

Et il est l’heure de se séparer et de partir travailler en binôme.

Vanessa et moi nous rendons dans une des chambres. Peut-être la plus bizarroïde, avec son escalier qui ne mène nulle part. Nous savons que deux entités sont apparues devant une amie de la famille ici.

Elle les a vu comme elle nous voit.

Nous ne les verrons pas nous même.

Nous entendrons par contre des voix, un rire et quelqu’un.e me courir dessus alors que je me tiens dans le dit escalier. La peur de ma vie mon pote. J’entends encore les pas arriver vite vite, comme si quelqu’un.e arrivait sur moi. Je les ai d’abord entendu sur la rambarde, puis sur le bois des escaliers. Comme d’habitude, l’audio enregistré par les appareils est beaucoup moins impressionnant que ce que nous, nous avons entendu sur place. Mais au moins les pas sont bien là.

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Dévalage d’escaliers dans 5 4 3 …

L’autre phénomène marquant (ultra marquant) de ce tournage, c’est bien-sûr ce qui reste à ce jour notre plus (glauque) bel enregistrement, le fameux « Apparemment elles sont seules ».

Mais seules de quoi bordel? Qui seules? Et puis pourquoi tu dis ça? Et c’est qui qui grogne?

Vais-je vous reparler de ce moment hors de la réalité, chez Pam, quand nous tombons, mais alors complètement par hasard, sur ce pve? Non. Je vous l’ai raconté plusieurs fois lors de lives et comme je suis une vieille qui radote pour une fois, je vous épargne.

Mais les conclusions sont là, évidentes: au bout d’à peine 5 enquêtes, chance du débutant, nous enregistrons une voix qui tend à prouver que:

  • Des entités nous regardent et nous voient
  • Ces mêmes entités parlent de nous en sachant que nous ne les entendons pas
  • Elles ont pas l’air hyper sympa

Je sais que je suis du genre à m’enthousiasmer pour un bébé panda qui éternue sur Youtube, mais quand même! Nous sommes débutantes et nous venons d’emmagasiner une preuve qui a une valeur incroyable!

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Le malaise. La gênance. La peur.

 

lign: justify »>L’Ancien Hôtel était une belle enquête et ça reste un de vos épisodes préférés, vous nous l’avez dit; nous aussi.

C’est pour cette raison qu’il était si important d’y retourner avec la nouvelle équipe pour approfondir le travail. Avec plus de connaissances et plus de maturité. Et nous avons même doubler tout ça puisque nous avons invité nos ami.e.s du GREPP! On vous racontera tout ça bientôt.

Pour conclure ce carnet et vous donner une idée de l’ambiance qui régnait au sein de l’équipe après cette enquête: nous en avons retrouvé une partie, au petit matin, sur les canapés du salon, qui avait eu trop peur pour rester dans les chambres!

Je vous laisse avec quelques photos, et vous dit à très vite pour un numéro #3!

xoxoxo

Vonette

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« T’es sûre que c’est safe ton truc? » « Mais ouiiii t’inquiète, descend me faire des plans de l’eau ». Aka Vonette le Dictateur.

 

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1 heure à galérer en voiture avec les caméras, les perches et tout le bordel pour 3 secondes de plan dans l’épisode. Y a pas de petit sacrifice.

#1 . Le Documentaire et ses déboires

Il y a bientôt 3 ans de cela, lorsque, un soir assise confortablement sur mon canapé, je sors avec un ton nonchalant « Je crois que j’ai envie de monter un groupe », je ne m’attendais certainement pas à en être là aujourd’hui.

Ce soir là, sans le savoir, je pose, et Lætitia pose avec moi, les 1ères pierres d’un des projets les plus colossal de toute notre vie: La Nuit du Chasseur (Recherches sur l’Invisible).

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(Fun fact: Pour celles et ceux qui ne l’ont pas reconnu, l’image qui nous a servi de titre pendant 2 ans a été prise aux Châteaux de Bruniquel)

A l’époque, je travaille avec Vanessa (@theparanormaltraveller) et elle rejoint de suite le groupe. Pam, ma meilleure amie, arrive ensuite, plus par curiosité que conviction.

Les enquêtrices, c’est fait.

Se pose ensuite la question inévitable de tout groupe d’enquêteurs, faisons-nous, ou ne faisons-nous pas des vidéos pour partager le fruit de notre travail avec d’autres passionnés?

Partager, oui bien-sûr. Parce que l’ouverture aux autres est capitale. La question paranormale n’est pas une question comme les autres.

Comme je le dis souvent, nous ne traitons pas de mode ou de cuisine (bien loin de moi l’envie de minimiser ces deux sujets, attention), nous traitons de l’existence d’une vie après la mort.

Moi, toi, elles et eux, nous tous, nous allons mourir. Ce qu’il advient de nous ensuite concerne donc absolument tout le monde. Et le sujet est grave et plutôt triste.

Therefor, si nous le faisons, je veux que nous le fassions bien (et là celles et ceux qui me connaissent sourient parce qu’elles et ils savent à quel point je suis relou dans le travail et mes passions. Je dois aller au bout de tout, tout le temps). Il nous faut donc une équipe technique, composée de pros, et qui s’occupera de ce que nous, nous ne savons pas faire: le tournage.

Je suis tatoueuse (surprise, non?), j’ai donc la chance de brasser beaucoup de client.e.s et de gens de milieux professionnels très variés. Assez vite donc, nous trouvons des novices en paranormal mais pas en caméra. Et nous voici au complet.

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(Fun fact: Une personne de cette équipe est toujours souriante, sauras-tu la trouver? )

IMG_0573Démarre alors le tournage de nos 1ères enquêtes, celles qui constituent « Le Documentaire ».

  • Les Châteaux de Bruniquel
  • Les cachots Royaux de Saint Quentin
  • L’hôpital Maison Blanche
  • L’ancienne Colonie (le lieu est maintenu secret)

Cet été 2015, nous passons notre temps à rouler beaucoup, à tourner beaucoup aussi, à nous engueuler un peu (sinon c’est pas drôle) et à grandir.

A grandir dans nos techniques d’enquête comme dans nos techniques de tournage. Nous apprenons à prendre du recul et à prendre sur nous.

Il faut comprendre que le travail n’est pas facile.

Pour commencer, chaque enquête signifie au moins une nuit entière de tournage quasi non stop. Dans des lieux souvent sans électricité, sans chauffage, isolés… Si nous sommes là par choix et par passion, nous en restons humaines et tout est dur. Honnêtement.

Heureusement, les résultats sont là! Nous enregistrons pendant le tournage du documentaire de très belles manifestations. Je pense notamment à cette respiration qui se fait entendre juste à côté de nous, 3 fois, à L’hôpital Maison Blanche. Ou encore à cette petite voix d’enfant qui s’adresse à Julien (cadreur ce jour-là), en l’appelant par son prénom, alors que nous, sur place, nous n’entendons rien.

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(L’ancienne colonie)

Le travail a payé.

Et va s’arrêter.

Impossible de trouver une monteuse, trop de travail pour tout le monde, pas le temps pas le temps, pas le temps.

Il faudra attendre 7 mois pour enfin trouver une monteuse qui nous aide à accoucher du documentaire. 1er du nom.

Cette vidéo fait notre fierté, on ne va pas vous le cacher. Nous avons tout donné, et ça se voit.

Lorsque je le regarde aujourd’hui, le Documentaire me rend toujours un peu nostalgique. Nous n’avions pas les connaissances que nous avons maintenant, et nous faisions beaucoup d’erreurs. Mais nous avions la fraicheur.

Nous avons gagné en résultat et en sérieux. Mais, comme je le dis souvent aux filles en rigolant, nous sommes devenues des vieilles connes.

Des vieilles connes qui ont également faite une rencontre décisive pour la suite du projet: vous.

Jamais, et je dis bien JAMAIS, nous n’avons pensé que quelqu’un.e d’autre que nous (et nos familles) regarderait notre vidéo. Nous avons soigné les choses, certes, mais pour nous d’abord. Et sans que nous ne comprenions trop comment ni pourquoi, les vues ont augmenté, jour après jour. Les commentaires sont arrivés. Nombreux mais surtout bienveillants, justes, intéressants. Quelle belle victoire, celle du partage dans le respect.

Oui oui je sais, je deviens sentimentale… Mais comment ne pas l’être quand on se rend compte que les gens voient et comprennent et s’approprient notre travail? Quand on se rend compte que, même perdues au fin fond de la campagne française, dans une château en ruines, dont le sol menace de s’effondrer, nous ne sommes pas seules. Puisque nous vous avons, vous.

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Les cachots royaux Saint Quentin

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Les Chateaux de Bruniquel

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Attention respiration glauque dans 5 4 3 …

L’hôpital de Maison Blanche[/caption]
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